Le compte à rebours est lancé … le projet d’épicerie coopérative, paysanne et biologique – qui trouvera sa place au 28 rue de la gare à Mâlain – arrive dans sa phase opérationnelle ! En janvier 2019, nous lancerons une campagne pour devenir coopérateur-trice de l’épicerie sous forme d’épargne solidaire.

Mais vous vous demandez peut être de quoi il s’agit, quel est le projet, quelles sont les valeurs défendues ? Et bien, découvrez la charte éthique de l’épicerie, fruit de longues et riches discussions au sein du groupe d’animation mais aussi plus largement à l’occasion des différents débats qui furent organisés ces derniers mois.

>> La charte éthique de l’épicerie coopérative paysanne et biologique de RISOMES <<<


 

Et si vous avez des idées de nom pour l’épicerie, n’hésitez pas à :

>>> Proposer un nom pour l’épicerie <<<


 

On s’y croit déjà, non ?


 

Epicerie coopérative, paysanne et biologique

Charte éthique – Novembre 2018

Nous partageons une même analyse des temps présents

  • Nous mangeons des aliments pouvant être produits localement mais qui pourtant parcourent de nombreux kilomètres, parfois des milliers ;
  • Le système de consommation alimentaire en circuits longs engendre un gaspillage de 50% de ce qui est produit ;
  • Les produits que nous utilisons chaque jour sont fabriqués avec le recourt de pesticides et d’additifs de synthèses, c’est notre santé et celle de nos écosystèmes qui sont mises en péril ;
  • Les produits issus de l’agriculture biologique sont souvent estimés hors budget pour beaucoup de foyers ;
  • Le système de la grande distribution nous a éloigné des producteurs, de leur condition de travail et de vie ; il a vidé nos campagnes des commerces alimentaires de proximité, qui étaient aussi des vecteurs de lien social ;
  • Nous sommes devenus des consommateurs, parfois éclairées, souvent désabusées ;
  • Nous avons perdu le goût et les saveurs d’une alimentation de qualité, de saison, en phase avec nos territoires.

Cette analyse partagée ne nous pousse pas à la résignation. Elle nous donne de l’élan pour ouvrir le champ des possibles et proposer une horizon désirable ouvert à tous. C’est dans cette dynamique que nous voulons :

  • créer un lieu où acheter les produits du quotidien (alimentaire frais et sec, entretien, …), issus d’une agriculture paysanne, biologique, locale, et d’un artisanat responsable ;
  • favoriser la coopération fertile entre paysans (et plus largement producteurs) et habitants du territoire ;
  • construire un modèle économique solidaire basé sur l’implication du plus grand nombre ;
  • rendre accessible à tous des produits de qualité par un travail conscient sur le prix en coopération avec les producteurs ;
  • contribuer à la dynamique de notre territoire en proposant un lieu qui soit également un espace d’éducation, de rencontres, d’initiatives et d’animation.

Nous créons ensemble une épicerie coopérative, paysanne et biologique. Cette épicerie est pensée comme un outil évolutif, vivant et qui sera à l’image des personnes qui s’investiront pour le faire vivre. Elle repose sur deux orientations fondamentales qui agissent comme des boussoles dans nos pérégrinations collectives :

  • Une épicerie pour et par ses usagers  : favoriser une implication plurielle à la mesure de chacun des usagers de l’épicerie.

    Se sentir « usager » de l’épicerie – et non pas seulement « consommateur » – c’est se sentir impliqué dans un projet qui a du sens pour nous et qui, sans cette implication – ne serait pas possible. L’implication n’est pas une contrainte, c’est la clé pour se libérer des chaines de la mal-bouffe et de la grande distribution. C’est la condition pour que le prix soit à la fois rémunérateur pour les producteurs et accessible pour les usagers de l’épicerie. Cette implication doit être pensée au pluriel et selon différents niveaux pour permettre une répartition la plus équitable possible des tâches et des responsabilités nécessaires au bon fonctionnement de l’épicerie et à sa pérennité. L’implication ne se décrète pas, ne s’impose pas, elle est le résultat de deux facteurs : des conditions favorables (ex. : des règles claires, des outils pour faciliter la prise d’initiatives, …) et une appropriation du projet en pleine conscience (cela nécessite une bonne information et des moments d’échange réguliers entre usagers).

  • Une épicerie pour soutenir une agriculture paysanne, biologique, territoriale et une alimentation de qualité : faire des choix ensemble dans la confiance et la proximité.

    Nous souhaitons que l’épicerie ne soit pas seulement un lieu de commercialisation mais aussi un outil au service d’un projet de société qui vise à soutenir le développement d’une autre agriculture et à redonner vie à nos campagnes. En ce sens, l’épicerie privilégiera les produits issus de l’agriculture biologique certifiée, locale et socialement responsable. L’épicerie s’inscrit dans la longue histoire des mouvements de l’agriculture biologique et de l’agriculture paysanne. Pour autant, elle ne fera pas de la labellisation bio son seul critère de choix et s’autorisera à créer des coopérations avec des producteurs non labellisés mais inscrits dans une démarche écologiquement soutenable et socialement responsable. Ce qui doit primer avant tout dans la relation avec les producteurs – en bio ou sans label bio – c’est la confiance, la proximité, la coopération et le partage des connaissances. A l’instar des AMAP, l’épicerie cherche à développer une nouvelle alliance vertueuse entre paysans et citoyens.