Contre l’industrie de la production animale, faisons front commun

Contre l’industrie de la production animale, faisons front commun

Croitre vite, survivre, mourir Tel est le lot des 33900 poulets qui viendront bientôt peuplés une usine en plein champ de production animale, faussement appelée « poulailler » et avec encore plus de malhonnêteté « élevage » (1). Sur la petite commune de Noiron-sur-Bèze (21), un jeune entrepreneur tout juste sortie de sa (dé)formation agricole a un projet très innovant et complètement en phase avec les politiques gouvernementales du « produire autrement », de l’agro-écologie et de l’alimentation de qualité : une usine de 33 900 poulets. Il ne s’agit pas d’agriculture, encore moins d’élevage mais d’une industrie mortifère de production animale qui utilise des êtres vivants pour produire de la viande à faible coût. Le modèle est malheureusement connu mais non moins révoltant : 33900 poussins qui arrivent à 1 jour et repartent à l’abattoir après 35 jours de croissance forcée pour atteindre un poids d’environ 1,5kg. Sept lots (appelés des « bandes ») se succèderont ainsi sur une année, portant le bilan du carnage à environ 240 000 poulets. Pour un zootechnicien standard, les conditions sont optimales pour ces petites bêtes : la lumière est permanente, les dégagements d’ammoniac de la litière aussi, les poulets ne sortent jamais et 19 poulets devront se partager 1 m2, sous un hangar chauffé de 1800 m2. La suite n’est pas plus heureuse, avec des conditions de mort en abattoirs industriels qui relèvent de l’inacceptable. Rien de tout ça n’a de sens, sinon dans une logique productiviste et industrielle qui n’a de lien ni avec la terre, ni avec l’animal, ni avec le territoire et ses habitants. Pour quelles finalités ? Nourrir ? Encore un abus de langage. La piètre qualité de la viande produite servira à remplir les linéaires premiers prix des super-marchés ou les cuisines...